Pourquoi la simple « exposition » au souffle de vie ne suffit-elle pas ?
Ainsi, au fur et à mesure de la création des entités conscientes, toutes animées par le Souffle de Vie, leur puissance inhérente va diminuant, ce qui les rend de moins en moins capables de s’auto-libérer et peut nécessiter l’utilisation de moyens précis et puissants.
Au lieu d’être constitué d’entités vivant en harmonie et tendant vers un fonctionnement synchrone (un unisson), l’agrégat devient juxtaposition d’entités ayant perdu une partie de leur aptitude à participer au fonctionnement de l’ensemble. Le problème est qu’il s’agit de mécanismes c’est-à-dire de réponses automatiques que les consciences mettent en place sans être conscientes de ce qu’elles font. Elles se trouvent donc emprisonnées dans leur propre système, sans avoir la possibilité de l’inverser.
Résoudre une rétention
La réticence à communiquer caractérise une zone de rétention. Le modus-operandi de l’approche tissulaire propose un ensemble de moyens destinés à permettre à des consciences en rétention ou en refus de retrouver le chemin de la communication. Il propose pour cela les paramètres de palpation (objectifs et subjectifs) déjà évoqués en détail dans d’autres écrits et sur lesquels nous ne reviendrons que succinctement.
Pour pouvoir entrer en relation avec des consciences, il faut les rejoindre dans leur réel matériel (en se synchronisant à leur densité, leur tension et leur inertie – paramètres objectifs) et de conscience (grâce à la présence, l’attention et l’intention – paramètres subjectifs). S’accorder, se syntoniser avec leur réel physique et de conscience permet de la rejoindre dans leur refus. Le praticien étant lui-même conscience, il peut, une fois les tissus rejoints dans leur réel matériel, s’adresser à la conscience tissulaire.
Le contact avec ces deux réalités tissulaires, subjective et objective, se traduit par la mise en mouvement de la structure qui, dans ce mouvement (non physiologique) libère sa charge d’énergie et l’information associée, jusqu’au still-point, moment d’immobilité pendant lequel se résout la rétention et qui est suivi par le retour à la communication, manifesté par l’expansion de la structure.
Retrouvons Hulett :
« [...] La structure, [...] est dans une très large mesure incapable de s’ajuster d’elle-même rapidement, avec comme résultat que la fonction doit immédiatement souffrir et continue à le faire jusqu’à ce que la condition structurale soit maitrisée. [...] Admettant que la fonction puisse modifier la structure, elle peut plus facilement se modifier elle-même, ce qui la rend parfaitement auto-ajustable. D’un autre côté, la structure n’est auto-ajustable que passivement et, par conséquent, demeurera probablement dans sa condition anormale jusqu’à ce qu’une quelconque force externe lui soit appliquée. [...] La structure représentant les canaux grâce auxquels se manifestent les forces de la vie, devient comparativement rigide » (Hulett, 1903, 26-27).
Le praticien d’approche tissulaire n’apporte pas aux structures vivantes « une force aveugle venue de l’extérieur, » pour paraphraser Sutherland, mais une force guidée, orientée par les tissus eux-mêmes, en lien avec leur nature spirituelle, respectant leurs deux niveaux d’existence, matériel (paramètres objectifs – esprit organisateur) et immatériel (paramètres subjectifs – esprit de vie), afin de leur permettre de se remettre en communication, ce qu’ils ne peuvent apparemment faire tous seuls.


