| Index de l'article |
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| Livre : Biogène |
| Préface de l'édition américaine |
| Un étrange microcosme |
| Athéisme et matérialisme |
| Compte rendu de la conférence |
| Sommaire de l'ouvrage |
| Toutes les pages |
Pendant des années, j’ai vécu dans le milieu scientifique au sein duquel un athéisme et un matérialisme particulièrement rudimentaires sont de mise, lubies affichées par de nombreux hommes par ailleurs vraiment éminents mais dont la plupart cachent leur sottise derrière leur érudition et enferment leur bon sens et leurs innombrables qualités humaines. J’entends souvent des scientifiques me dire qu’ils n’ont pas d’âme et s’attendent à mourir comme de vulgaires animaux. Que répondre à de telles affirmations émanant de telles sources ? À celui-là, je pus seulement répondre évasivement qu’il devait connaître sa propre nature et sa destinée probable mieux que je ne pouvais le faire pour lui et que s’il pensait n’avoir pas d’âme et devoir mourir comme un vulgaire chien, je ne disposais d’aucun moyen de lui prouver qu’il avait tort. Cependant, pour ce qui me concerne, je sais que j’ai une âme et que je ne mourrai pas comme une bête, parce qu’il est dans la nature même de l’âme que m’a donné Dieu de connaître sa nature immortelle avec une sorte de connaissance en comparaison de laquelle la connaissance des choses matérielles, acquises par les sens corporels n’est pas une véritable connaissance, mais seulement une illusion – avec une qualité de connaissance dont la raison est le serviteur et non le maître – avec une qualité de conscience qui est conscience de soi.
Si ma philosophie approuve cette conscience, si ma science la supporte et la renforce, je suis heureux. Si elles ne le font pas, de quelle utilité peuvent-elles m’être ? Esclaves inutiles et dispendieux qui rongent dans la vie et la substance de leur maître – inutile de les maintenir.
Peu d’hommes, j’en ai peur, raisonnent ; ça les épuise et choque leurs sentiments ; cela contraint leurs caractères ; une série de sensations corporelles de fréquence plus ou moins élevée semble une voie de vie plus facile que l’embarrassante « confirmation qui précède la mort », et sauve de la gêne occasionnée par l’acte de penser. Quelques hommes raisonnent et leur penser laborieux endurcit leur cerveau, le façonnant de manière telle qu’aucune pensée d’une autre forme n’y puisse plus entrer ni demeurer. Puis, l’araignée de la vanité tisse sa toile et ingénieusement, les enferme dans ses multiples et fins filaments et voilà ! Un système de philosophie. Mais tout cela passera aussi, frère philosophe ; votre science et la mienne devront s’incliner face à notre humanité commune où apprendre que savoir n’est pas sagesse tant qu’il ne devient pas connaissance de soi, au lieu de ce fatras autoritaire qu’il s’est forgé tout seul. Alors, forgez les chaînes de vos systèmes comme vous le pouvez ; la toile tissée par les fils de la vierge, pourtant si ténus, fera plus pour vous élever que vos chaînes pour vous retenir.



