| Index de l'article |
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| Livre : Biogène |
| Préface de l'édition américaine |
| Un étrange microcosme |
| Athéisme et matérialisme |
| Compte rendu de la conférence |
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Préface de l'édition américaine
À l’automne 1882, le président de la Société Philosophique de Washington m’honora d’une invitation à laquelle je ne me sentis pas le droit de me soustraire. Je devais, devant cette société savante, aborder le problème général de la Vie – son origine, ce qu’elle est, la manière dont elle agit et sa raison d’être.
La fascination exercée par ces questions, sans cesse posées et toujours en suspens, vient du fait que nous les considérons comme sans réponse, tout en ressentant que chaque être humain trouvera, un jour où l’autre, d’une manière ou d’une autre, ses propres réponses.
D’après ce que je pus comprendre, la situation de la Société Philosophique était la suivante : le président sortant, lors de ses ultimes interventions, avait discuté de biologie et soutenu qu’un certain « principe vital » était à l’origine de la Vie ou bien était à tout le moins nécessaire pour les objectifs du vivre. Cela semblait une proposition raisonnable ; mais elle fut considérée comme plus ou moins non philosophique et non scientifique, parce que la société n’était pas parvenue à découvrir ce qu’était ce principe vital, ni, évidemment où le trouver. Les mathématiques ne permettaient de le trouver en aucun point des dimensions de l’espace. La physique avait échoué à le trouver dans aucune force d’attraction ou de répulsion. La chimie avait échoué à le trouver dans aucune combinaison atomique ou moléculaire. Alors, on avait appelé la biologie – « cette science de la vie » – à la rescousse, avec une substance connue sous le nom de protoplasme ; puisque la physique avait démontré que seuls existaient matière et mouvement ; que la chimie avait démontré que le protoplasme était de la matière en mouvement ; que la biologie avait prouvé que la Vie était un mode de mouvement de la matière ; le protoplasme apparaissait donc comme le principe vital ; et cela était sur le point d’être admis par la Société, lorsque le protoplasme qu’elle examinait mourut. Ainsi, le principe vital avait donné l’impulsion mais la théorie physico-chimique de la vie s’était montrée incapable de rétablir cette même impulsion vitale. Il apparaissait donc évident qu’existait une différence entre quelque chose de vivant et la même chose morte. La même sempiternelle question était de retour.
Je préparai ce que j’avais à dire sur la question du mieux que je pus et le présentai à la Société, non sans appréhension. Car, je ne pouvais pas dire ce que je pensais vraiment – et que dirait sans doute n’importe quel humain – sans introduire des concepts étrangers aux scientifiques triés sur le volet de la société de Washington – tels que Dieu, l’Esprit et l’Âme, comme facteurs ressortissant au problème de la vie. Mais sachant pertinemment qu’ils étaient au moins connus de nom, je prononçais en conséquence un discours intitulé « Biogène ».



