Francis Peyralade (1928-2013) - Viola Frymann

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Viola Frymann

C’est également grâce à toi que j’ai pu, dès la fin de ma première année de formation, rencontrer Viola Frymann, venue nous enseigner plusieurs jours les bases de l’approche crânienne et nous parler du traitement des enfants. Je dis toujours que sans cette rencontre, j’aurais probablement abandonné l’ostéopathie. Une raison en est que malgré votre bonne volonté, à René et à toi, nous avions bien du mal à tout comprendre. Vous aviez certes la foi, la passion de transmettre, mais n’étiez pas des pédagogues nés, de sorte que votre discours n’était pas toujours en cohérence avec ce que faisaient réellement vos mains. Au point, que nous avions rapidement décidé de moins vous écouter et de mieux vous regarder. Mais ce n’était pas pour autant toujours très clair.

Une autre chose m’a séduit avec Viola, c’est qu’elle élargissait très habilement le concept de globalité pour intégrer la personne dans sa vastitude, mentale et même spirituelle. Voilà qui était carrément révolutionnaire ! À cette époque, tu m’as prêté quelques Yearbook de l’Académie Américaine d’Ostéopathie que tu possédais, dans lesquels j’ai pu trouver quelques textes majeurs de Viola1. Je me suis empressé de les traduire, ce qui m’a particulièrement aidé et stimulé pour poursuivre, malgré mes difficultés. Aujourd’hui, ces idées peuvent paraître bien banales, mais dans les années 70, ça ne l’était pas du tout. Un des ouvrages majeurs concernant cette question a été le livre de Thérèse Bertherat Le corps a ses raisons qui évoquait justement cette globalité. Mais cet ouvrage date de 1977...

Le pire de tout, pour moi, était la palpation crânienne, pour laquelle j’étais vraiment ce que j’appelle « une chèvre ». J’avais beau poser des questions, essayer de comprendre, je ne sentais rien, ou presque. Je me souviens que parfois, tu venais derrière moi, posais tes mains sur les miennes et rouspétais, avec tes restes d’accent lotois : « Eh couillon... Sens... Ça part comme ça, comme ça... » Effectivement, avec tes mains sur les miennes, ça marchait bien... Mais une fois tes mains retirées, c’était une autre affaire...