Dain L. Tasker : Les bruits articulaires - Diagnostic différentiel

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Diagnostic différentiel. - « Le chirurgien consulté pour un cas de maladie vertébrale devrait par dessus tout s'assurer qu'il n'est pas effrayé par un épouvantail, et devrait alors déterminer, à l'aide de méthodes d'examen scientifiques, s'il est ou non en présence de maladie des centres nerveux, ou de nécrose, d'abcès ou d'autres remaniements destructifs de la colonne vertébrale. Dans de tels cas, aucun homme possédant un thermomètre, un microscope et un tube à essai n'est excusable de rester longtemps dans le doute ; et s'il est capable d'exclure la possibilité de telles conditions, il peut alors considérer la colonne simplement comme une partie du squelette et s'en occuper en conséquence. Ici comme ailleurs, blessure et repos ou repos et anti-irritatifs peuvent aller jusqu'à produire des adhérences limitant douloureusement le mouvement, adhérences pouvant être rompues tout à coup par une flexion ou une extension résolues. Ici comma ailleurs, peuvent se produire des déplacements partiels qui peuvent être rectifiés par la pression et le mouvement. Dans les parties cervicales basses, dorsales et lombaires de la colonne vertébrale, le changement de position d'une seule vertèbre ne peut qu'être léger – suffisant toutefois pour produire de la douleur et de la raideur, mais insuffisant pour produire une déformation visible. Dans la région supérieure, des dislocations partielles sont parfois plus évidentes. Le cas qui suit est tiré de rapport hospitalier de la Madical Times and Gazette, du 5 août 1865 :

« John S—, âgé de 21 ans, travailleur au St Mary's Cray a été admis le 26 mai 1865 par M. Hilton.
« Il souffrait depuis trois mois de perte d'appétit et débilité générale, cela suite à son embauche.
« Le dimanche 14 mai, en se penchant pour cirer ses bottes, qu'il portait aux pieds, il entendit soudain un craquement dans la partie supérieure et postérieure de sa nuque. Il eut l'impression ‛d'être heurté par la tête de quelqu'un d'autre.' Environs un quart d'heure plus tard, il perdit connaissance pendant à peu près une demi-heure ; puis, il sentit une raideur et un engourdissement à l'arrière et sur le côté de la tête avec une sensation d'enflure dans la gorge et une difficulté à avaler. Au début, il ne ressentit pas de perte de force dans les membres, seulement une légère douleur dans le bras droit ; quelques jours après son admission, cependant, il eut une paralysie partielle du bras droit qui régressa rapidement et spontanément.

« À son admission, il tient la tête figée et ressent de la douleur lors de la moindre tentative pour la tourner, la fléchir ou l'étendre ; sa mâchoire est en partie figée et il ne peut ouvrir le bouche plus que pour y introduire un doigt en direction de l'arrière du pharynx ; la voix est épaisse et gutturale ; la déglutition n'est possible qu'avec difficulté. Il se plaint de tous les symptômes ci-dessus énumérés. Extérieurement, au niveau de la seconde vertèbre cervicale, existe une tumeur dure et résistante, sensible à la pression : il s'agit à l'évidence de la proéminence anormale de l'épineuse de l'axis ; la sensibilité n'est pas généralisée, mais circonscrite ; les parties alentour sont engourdies. Il fut allongé dans un lit dur, la tête légèrement surélevée. On plaça un sac de sable à l'aplomb de l'épineuse proéminente et toute la tête fut maintenue en position fixée par de plus gros sacs de sable. Quelques produits furent prescrits appliqués pendant une dizaine de jours, jusqu'à ce que ses gencives soient légèrement affectées ; ils furent alors arrêtés. De notables progrès étaient observés dans son apparence générale et plus particulièrement dans ses symptômes. Jusqu'au 3 juillet, il continua de s'améliorer lentement, mais sûrement. Il présenta alors une inflammation rhumatismale aiguë dans le genou et le coude droit, suivie quelques jours plus tard par l'apparition des mêmes symptômes dans le genou gauche. Il n'y avait pas de preuve d'état pyémique. Des ventouses furent posées sur ses genoux et on lui donna pot. nitr. et jus de citron et il guérit rapidement. La sensibilité et tous les symptômes ont disparus, la boursouflure persistant et il dit être plus soulagé par le repos au lit. »
Taille du canal vertébral. - « En réfléchissant sur le cas, M. Hilton a observé qu'il démontrait que la région du canal vertébral pouvait être diminuée d'un tiers, stipulant que la diminution s'étant effectuée lentement, elle n'a pas produit de symptômes alarmants ou particulièrement marqués de compression de la mœlle épinière. »