William Smith - La version de Smith

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Et voici maintenant la version que donne de cette rencontre William Smith lui-même :

Dès que j’ai pu le faire, je suis allé à son cabinet, un immeuble d’un étage, sans tapis, avec de nombreuses vitres cassées, des nids de guêpes dans des recoins isolés. Là, j’ai découvert une douzaine de personnes attendant leur tour pour le voir, toutes évoquant les merveilles qu’il accomplissait journellement. Lorsque je mentionnais que je désirais rencontrer le Dr Still, ils me répondirent en chœur que je « devais attendre mon tour. »
Et mon tour vint. Je me trouvai en présence d’un homme de grande taille, athlétique, apparemment dans la cinquantaine (en réalité 64). Je lui expliquai que j’avais entendu dire tellement d’horreurs sur lui dans certains quartiers et tant de bien dans d’autres, que cela avait attisé ma curiosité et accessoirement, je lui indiquai que je souffrais légèrement du bras droit et ne pouvais me servir complètement de mon coude. Sans mot dire, il l’empoigna (il n’y a pas d’autre mot), le maintint, lui fit faire une rapide rotation et dit : « Et maintenant, comment c’est ? » À ma grande surprise, je découvris que je pouvais commander le membre complètement alors qu’il me gênait depuis plus de six mois. Lorsque je lui demandais de me parler de son travail, il accepta avec empressement et pendant deux heures, j’entendis un homme parler en détails de sa vocation, avec laquelle il était en parfait accord. Ce qu’il me dit semblait tellement éloigné de tout ce qu’on m’avait enseigné dans les écoles médicales, si complètement absurde et chimérique que je lui demandais des preuves de ce qu’il avançait. Les preuves me furent données par les quelques seize patients qui témoignèrent de leur maladie lors de leur arrivée à Kirksville et de leur état consécutif au traitement. Mon seul désir fut alors d’apprendre de cet homme qui avait entre ses mains quasiment le pouvoir de vie et de mort ; un homme qui pouvait faire ce que tout le monde médical déclarait impossible.
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William Smith

Laissez moi vous dire que l’ostéopathie ne peut être évaluée que par un esprit clair et sans préjugé. Si un homme, un médecin, vient à Kirksville et entend ce qu’il entendra tout en raisonnant à partir de ce qu’il a appris dans une école médicale, la seule conclusion possible pour lui est que l’ostéopathie est une tromperie et une illusion, une gigantesque foutaise destinée à extorquer tous les mois des centaines de dollars aux malades et aux affligés. MAIS, si l’investigateur se donne la peine d’approcher le problème comme s’il n’y connaissait rien (et quatre années d’expérimentation de l’ostéopathie, me permettent d’affirmer que les docteurs n’y connaissent pas grand chose)2, de ne rien accepter pour acquis, de n’accepter aucune déclaration pour ou contre l’ostéopathie, mais de se contenter d’interroger une douzaine de patients en les considérant comme des hommes et des femmes sensés et non comme des hystériques, prêts pour l’asile d’aliénés ou comme des menteurs patentés ; alors, s’il est homme honnête, il devra conclure, comme je le fis, qu’il existe encore des choses dans l’art de guérir qui ne sont pas connues de la profession médicale. S’il pousse plus loin son investigation, il s’apercevra que les résultats obtenus ne pourraient l’être avec des traitements médicamenteux. Alors, laissez-le interroger les patients et les écouter raconter combien de docteurs ont déclaré leur guérison impossible et seulement alors, laissez-le décider si l’ostéopathie est ou n’est pas une escroquerie, ses praticiens des charlatans et ses supporters des menteurs. Si toutes ces personnes déclarant avoir tiré bénéfice de l’ostéopathie sont des menteurs, d’où peut bien venir l’argent permettant de faire fonctionner ce commerce ? Payer une telle armée de menteurs épuiserait le capital d’un état. Et s’ils sont hystériques, alors pourquoi leurs docteurs n’ont-ils pas réussi à les guérir ?