William Smith - Pionnier des rayons-X

Index de l'article

Pionnier des rayons X

Dans le Kirksville Weekly Journal du 22 septembre 1898, apparaît l’information indiquant que le dispensaire de Still a commandé une machine à rayons X à New-York. Elle va coûter 1000$ et sera la deuxième de ce type à l’ouest du Mississippi. Le premier de ces appareils du Midwest appartient à l’éditeur de l’American X-Ray Journal, un certain Dr Robarts, de Saint-Louis.

Le jour du Thanksgiving de 1898, Herber Robarts (1862-1922) visita Kirksville et prononça une conférence sur « les rayons X. » Au cours de cette visite, il obtint de William Smith le texte d’un article intitulé « sciagraphie8 et circulation » ; l’article parut dans l’American X-Ray Journal de décembre 1898 et fut republié dans le Journal of Osteopathy de janvier 1899. Toutefois, ce n’était pas le tout premier article ostéopathique traitant des rayons X. Le premier, intitulé « Rayons X » avait été publié dans le Journal of Osteopathy en novembre 1898. Son auteur était David Littlejohn (1876-1953), d’origine écossaise, qui peu de temps après son diplôme obtenu d’une usine à diplômes, Le Central Medical College de St. Joseph, dans le Missouri, fut engagé comme professeur en rayons X et sciences sanitaires à l’American School of Osteopathy, et qui, par conséquent, devint le premier ostéopathe radiologue. Littlejohn était l’un des trois frères employés comme enseignants au collège de Kirksville.9 (Grigg, 1967, 173).

Cette apparition de la radiologie déclenche une vague d’enthousiasme chez les étudiants et les enseignants de l’ASO. Mais Still ne partage absolument pas cet enthousiasme :

Avant la découverte par William Roentgen de la machine à rayons X, la visualisation, une bonne aptitude à observer, un sens délicat du toucher – et cette perpétuelle image – étaient les seuls outils dont disposait Still pour l’aider dans sa détection de l’anormal par rapport au normal. Il prétendait également distinguer une aura – vibration émanant du corps – autour de tous ses patients, lui apportant des indications supplémentaires sur leur condition. Ne possédant pas les pouvoirs extrasensoriels invoqués par Still, les professeurs et les étudiants espéraient que la machine à rayons X, en augmentant considérablement les vibrations, leur permettrait de compenser leur incapacité de visualisation. Le Vieux Docteur, sceptique quant à l’utilité de l’instrument, déclara à quelques étudiants : « La radio, en augmentant considérablement les vibrations, nous permet de voir en dessous de la surface ce que nos yeux ne pourraient découvrir. Pourquoi ne pas entraîner nos esprits à faire cela ? » (Trowbridge, 1999, 239).

Tentatives novatrices avec les rayons X

Dès que la machine à rayons X est disponible, William Smith commence ses investigations sur les nouvelles radiations. Selon Grigg, (1967)n il semble qu’il se soit plus particulièrement intéressé à vérifier la loi de l’artère évoquée par Still comme fondement essentiel de l’ostéopathie. Il lui faudra d’abord trouver un moyen de rendre visible à la radio les trajets circulatoires :

Dans ses tentatives pour étudier la circulation, Smith essaya plusieurs substances jusqu’à ce qu’il découvre que le mercure bisulfuré dans la cire d’abeille donnait une excellente opacification des vaisseaux dans lesquels il était injecté (chez le cadavre). Même en cette époque des débuts de la radiologie, la démonstration radiographique de vaisseaux opacifiés n’était pas chose nouvelle. Elle avait été réalisée à Vienne, dans les tout premiers mois de l’ère des rayons X – en janvier 1896, par Eduard Haschek (1875-1947).
La croyance populaire laissait entendre que les tissus morts devaient être plus imperméables aux rayons invisibles que ne l’étaient les organes vivants. Smith décida de vérifier cette affirmation. Il fit des tests radiographiques sur une main vivante et une main morte, côte à côte sur une seule plaque. Il n’y avait pas de différence notable (Grigg, 1967, 173).
 
X-Ray-Machine

La première installation de machine à rayons X à l’ASO (1898). Debout à la tête du cadavre, sur la droite de l’image, cigare à la main, se tient William Smith, alors âgé de 36 ans et à gauche, se tiennent David Littlejohn (le premier radiologue ostéopathe), alors âgé de 22 ans et Lee Hickman (l’homme à la moustache), un étudiant du Kirksville College qui manipulait le plateau à rayons X. Cette photographie provient du Journal of Osteopathy de janvier 1899. (In Grigg, 1967).

En 1900, William Smith, toujours animé de bougeotte, quitte Kirksville et devient président de l’Atlantic School of Osteopathy à Wiles-Barre, en Pennsylvanie, mais pas pour longtemps. À l’été 1900, Samuel Howard Monell (1857-1918) un pionnier des rayons X de Brooklyn cherche Smith pour lui proposer la rédaction d’un manuel, mais ne peut le trouver parce que Smith voyage alors en Europe.

carte pro Smith Publicite-Smith

Publicité parue dans l’American X-Ray Journal (août 1902)

En 1902, il ouvre un cabinet à Saint-Louis, dans le Missouri. Sa carte professionnelle (reproduite ci-dessus) est alors publiée dans l’American X-Ray Journal. Comme d’habitude, le succès en pratique privée se fait attendre ce qui l’oblige à déménager rapidement à la recherche d’un nouveau lieu.